Discours Orange cyberdéfense

Discours Orange cyberdéfense

Monsieur le Président, Cher Stéphane Richard

Mesdames et Messieurs les Parlementaires, chers collègues

Monsieur l’Ambassadeur, Cher David Martinon

Monsieur le Directeur général de l’ANSSI, Cher Guillaume Poupard

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

 

 

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir.

 

Je tiens en particulier à remercier Michel Van Den Berghe pour avoir organisé cette rencontre, à laquelle je suis honoré de participer.

 

Je veux aussi profiter de mon allocution pour saluer Thierry Bonhomme et l’annonce qu’il a faite le mois dernier d’un renforcement des recrutements et des investissements en Bretagne.

 

Grâce à Orange Cyberdéfense, l’attachement de la Bretagne pour la Défense et le numérique n’est pas une simple tradition mais une réalité vécue tous les jours.

 

En tant que député d’Ille-et-Vilaine, je me réjouis de ces 150 nouveaux emplois pour Rennes et pour ses habitants.

 

Mais quittons la Bretagne pour ce soir.

 

 

 

 

« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. ».

 

Depuis plusieurs mois, je pense à cette première phrase de Rousseau. Et j’ai la certitude que nous sommes à l’aube d’un nouveau contrat social pour la société numérique.

 

Le cyber, nous le savons, est bien plus qu’un continent nouveau.

 

C’est un fluide qui jaillit depuis 30 ans et qui irrigue et transforme tous nos champs d’action : la Défense, l’économie, l’éducation, la justice, la santé, l’information.

 

 

Mais à la manière d’un nouveau monde fantasmé, il me fait penser à l’état de nature chez Rousseau.

 

Les premiers internautes, les premiers ingénieurs, ont pu jouir sur internet d’une liberté infinie, tant qu’ils étaient eux-mêmes infiniment peu nombreux.

 

En 2017, 3,81 milliards de personnes utilisent internet. C’est plus que la moitié de la population mondiale. ¾ d’entre eux sont inscrits sur les réseaux sociaux.

 

Comme chez Rousseau, ce nouvel Eden est devenu un terrain d’affrontements. Un terrain de délinquance, de criminalité, de guerre.

 

Il est encore trop largement régi par la loi du plus fort.

 

Et je ne me réfère pas seulement au deep web, mais en premier lieu au web visible.

 

 

En 2017, 19 millions de Français, 80% des entreprises européennes, ont été victimes d’une cyberattaque : un rançongiciel, des utilisations frauduleuses de données personnelles.

 

Et au-delà de ces agressions enregistrées, je songe aux fake news.

 

Elles présagent des cyberattaques à venir, nécessairement plus fines, plus pernicieuses, plus insidieuses.

 

Nous ne savons pas encore les chiffrer précisément, mais nous en percevons tous les jours les effets.

  • Quand des allégations fallacieuses et violentes changent le cours d’une élection, qui n’est plus démocratique.
  • Quand des parents hésitent à vacciner leurs enfants parce qu’une campagne pseudo-scientifique de désinformation a semé le doute.

 

Dans toutes ces menaces, l’argent joue de toute évidence un rôle essentiel, qu’il soit motif ou moteur.

 

C’est pour cela qu’il me semble essentiel de mettre au jour le financement des informations sur internet et notamment celui des hébergeurs de fake news. C’est l’objet du projet de loi annoncé par le Président de la République le mois dernier.

 

Les conséquences des attaques, certes, sont très souvent d’ordre pécuniaire. Mais bien plus qu’une question économique, la sécurité numérique est un enjeu de souveraineté.

 

 

Face à ces menaces, pour protéger les consommateurs, l’Etat n’est pas seul. Et je salue l’action quotidienne d’acteurs comme Orange Cyberdéfense.

 

Mais l’impulsion politique est cruciale. Nous devons prendre garde à ne pas répéter aujourd’hui l’histoire de la Ligne Maginot.

 

Le numérique n’est pas un sujet réservé aux experts.

 

Et en tant que premier Questeur je peux vous confirmer que la nouvelle Assemblée nationale en est consciente et qu’elle est déterminée à agir.

 

C’est aujourd’hui la rencontre entre moment et une volonté politique.

 

 

Parce que la sécurité numérique est un enjeu de démocratie.

 

Tout le projet, tout le renforcement de la sécurité doit toujours avoir cette visée politique suprême : que chaque citoyen soit effectivement libre et que les nations soient réellement souveraines.C’est pour cela que dans ce nouveau contrat social, la neutralité du net devra toujours figurer parmi les droits inaliénables.

 

Pour anticiper l’accélération de la mutation numérique de notre société, il reste à présent 3 défis à relever.

 

Le premier défi, c’est celui du droit.

Il faut continuer de transformer les règles pour les adapter à la société numérique.

Cela implique d’assurer de nouvelles protections, de nouvelles sanctions et un soutien pour les victimes.

 

Il faut en somme que le continent numérique devienne réellement un Etat de droit.

 

Ces règles seront insuffisantes si nous ne travaillons pas à distiller une « culture de la cybersécurité ».

 

C’est le deuxième défi et c’était le message de Gérard Collomb lors du dernier FIC, à Lille, où de nombreux parlementaires étaient présents.

 

J’ai d’ailleurs pu y redécouvrir la détermination d’Orange Cyberdéfense en rencontrant son Directeur de la Stratégie et des Affaires publiques, Nicolas Arpagian.

 

Il faut sensibiliser tous les citoyens aux menaces.

 

Même attaqués, de trop nombreux internautes n’ont pas toujours conscience d’être victime.

 

Il faut que les victimes n’aient pas honte de leur vulnérabilité.

 

C’est en dénonçant chaque délit qu’elles renforceront leur sécurité et la résilience de tout notre système de protection.

 

 

 

Enfin, et c’est notre troisième et dernier défi : nous ne pouvons pas rester souverains si nous faisons le choix de la dépendance en savoir-faire.

 

Il faut que nous formions mieux nos étudiants, pour les préparer aux 3 millions d’emplois numériques dont les entreprises européennes auront besoin à l’horizon 2021.

 

C’est un souhait mais c’est surtout une nécessité et aujourd’hui un projet.

J’entends ceux qui en redoutent les coûts et qui craignent un processus trop long.

Mais externaliser ces services à l’étranger, c’est renoncer à la souveraineté.

 

Aujourd’hui, la concurrence économique et la cyberdéfense se rejoignent.

 

C’est un combat unique pour défendre notre souveraineté.

 

Quand nous regardons les composantes de nos ordinateurs et nos logiciels, nous voyons que nous avons perdu la bataille du hardware et du software.

 

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas perdre la bataille de la donnée numérique, la clef de voûte de nos nouvelles organisations.

 

 

Voilà les 3 défis et les 3 chapitres de ce nouveau contrat social pour le numérique.

 

 

Nous devons désormais agir vite, et nous le pouvons. A cet effet, nous gagnons à agir ensemble.

 

Ensemble, c’est d’abord le public avec le privé.

 

Je pense par exemple à l’« académie » qu’a créée Orange Cyberdefense à Rennes en lien avec les universités bretonnes, et plus largement à son partenariat avec le CNAM.

 

Ce sont de telles initiatives concrètes et rapidement effectives dont nous avons besoin et que nous devons soutenir.

 

Ensemble, c’est aussi entre les grands groupes français et les entreprises plus petites.

 

Il faut promouvoir la participation des PME et des ETI dans des projets nationaux et européens de sécurité numérique. La commande publique doit jouer un grand rôle à cet égard.

 

Il faut surtout faciliter le partage de savoir-faire en termes de sécurité numérique, dans l’ensemble du tissu économique, entre grands groupes et PME.

 

 

Ensemble, c’est enfin et nécessairement avec nos partenaires européens.

 

C’est au niveau de l’Europe que nous devons relever tous ces défis.

 

Il faut appliquer au numérique l’esprit de la Revue Stratégique de Défense : c’est la coopération qui renforcera notre autonomie et donc notre souveraineté.

 

Je salue en ce sens l’immense travail de notre ambassadeur du numérique, David Martinon.

 

Nous devons accentuer la coopération dans l’UE et renforcer nos partenariats avec l’Allemagne, l’Estonie, la Suède, la Norvège et le Royaume-Uni, encore plus après le Brexit.

 

Nous resterons attentifs aux évolutions du secteur en Israël,

  • aux Etats-Unis et en Russie,
  • en Inde et en Chine.

 

C’est ensemble que nous transformerons en profondeur nos organisations.

 

C’est ensemble que nous pourrons nous assurer que les citoyens restent réellement maîtres de leurs données.

 

C’est ensemble, finalement, que nos nations resteront effectivement souveraines.

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