Loi de Programmation Militaire 2019-2025 : donner à la France les moyens de son ambition

La Ministre des Armées, Florence Parly, a présenté le 8 février en Conseil des ministres le projet de loi de programmation militaire pour la période de 2019 à 2025 (LPM 2019-2025). A l’issue du Conseil, elle s’est rendue à l’Assemblée nationale pour en exposer le contenu à la Commission de la défense nationale et des forces armées, dont est membre Florian Bachelier.

La loi de programmation militaire prévoit un effort budgétaire inédit pour porter les dépenses de défense à 2% du PIB en 2025, conformément aux engagements du Président de la République. Après des années de restrictions budgétaires et de réductions d’effectifs, il s’agit de permettre à la France d’avoir « la première armée d’Europe et la deuxième armée du monde libre ». La loi de programmation prévoit ainsi une hausse des crédits de près de 25% par rapport à la programmation précédente. 6000 postes seront ainsi créés, dont 3000 avant 2023.

Nos armées sont aujourd’hui particulièrement sollicitées. 200 000 militaires français nous protègent chaque jour et défendent les intérêts de la France, parfois au péril de leur vie. Ils sont impliqués simultanément dans des théâtres d’opération exigeants, notamment au Sahel, avec l’opération Barkhane, et sur le territoire national pour répondre à la menace terroriste dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Le projet de loi de programmation militaire prend acte des ambitions de la France et des difficultés auxquelles les armées sont confrontées aujourd’hui.

Une loi de programmation à hauteur d’homme

Les militaires et les civils à leurs côtés sont extrêmement sollicités. La LPM 2019-2025 cherche à améliorer leurs conditions de vie et d’entraînement. Dans ce cadre, 200 millions d’euros supplémentaires sont prévus pour le Plan Famille, qui répond aux contraintes inhérentes à la vie militaire (places en crèche, logement familial).

Moderniser les armées et garantir l’autonomie stratégique de la France

 Les équipements sont aujourd’hui vétustes. La LPM 2019-2025 dégage les crédits nécessaires pour renouveler le matériel de l’armée de Terre, de la Marine et de l’armée de l’Air mais aussi les deux composantes de notre dissuasion nucléaire (air et mer). C’est une garantie forte pour la place de la France dans le monde, à l’instar des autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

Pour garantir l’autonomie stratégique de la France, il est impératif d’anticiper l’évolution de la menace. C’est pourquoi 1500 postes seront créés pour le renseignement et 4,6Mds € seront investis dans ce domaine. Ils serviront notamment à financer de nouveaux drones et des avions légers de surveillance et de reconnaissance qui appuient efficacement nos troupes sur les théâtres d’opérations, par exemple au Sahel.

Pour répondre dès aujourd’hui aux enjeux du futur, la LPM 2019-2025 soutient l’innovation. Elle renforce notamment les capacités des armées pour répondre aux menaces cybernétiques. 1000 postes cyber seront créés, et 1,6Md€ investis.

Rapprocher les armées de la nation et de la jeunesse

 A cet effet, la LPM 2019-2025 prévoit notamment de renforcer les effectifs de la réserve militaire.

Vers l’Europe de la Défense

 La LPM mise enfin sur l’Europe de la Défense, avec un rassemblement autour de projets concrets, articulés dans l’Initiative européenne d’intervention que porte le Président de la République.

Dans le domaine industriel, il s’agit ainsi de coopérer dès qu’aucun intérêt de souveraineté n’est en jeu. C’est par exemple le cas du développement d’un drone MALE avec un partenariat avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Le travail en Commission

Présenté à l’Assemblée nationale, le projet de loi est désormais débattu au sein de la Commission de la défense nationale et des forces armées afin d’être amendé par les députés. Pour cela, comme depuis le début de la législature, les membres de la Commission continuent d’auditionner de nombreux acteurs de la Défense. Parmi eux, des responsables militaires comme les chefs d’état-major, des responsables administratifs et politiques tel le directeur général de l’Agence Nationale pour la Sécurité des Services d’Information, mais aussi des acteurs privés – ainsi du président de Thalès ou du directeur général de Safran.

Le projet de loi amendé sera examiné en séance publique à partir du 20 mars. Le vote puis la promulgation devraient être effectifs avant le 14 juillet.