Ouverture du « Choc des légendes » organisé par la Conférence Olivaint à l’ Assemblée nationale.

« Si vous êtes poussé vers la carrière politique, il importe que vous y teniez un des premiers rangs. Dans un temps de révolution, il faut, par le savoir, le caractère, l’indépendance, s’élever au-dessus de tous les partis, pour ne voir que les intérêts du pays et se dévouer à son salut » disait le Père Olivaint, dirigeant de la congrégation de la Rue de Sèvres et fondateur à l’automne 1874 de la Conférence Olivaint. Parmi les plus anciennes associations étudiantes de France, elle a vocation à mettre à dispositions de jeunes étudiants de l’enseignement supérieur un cadre associatif afin d’approfondir leur réflexion politique et de perfectionner leur aptitude à la communication. Elle leur permet de mettre en œuvre des projets citoyen, humaniste et participatif indépendamment de tout engagement partisan. Elle est également un centre de débat et de réflexion politique, laïc et indépendant de tout parti. La Conférence Olivaint souhaite donc former une élite à la vie publique, à la réflexion politique et à l’art oratoire.

La Conférence Olivaint a ainsi organisé le 13 avril 2018 un concours d’éloquence : le Choc des Légendes. Florian Bachelier a répondu favorablement à leur souhait de s’exprimer au sein de l’Assemblée nationale.

Voici le discours d’ouverture prononcé par Florian Bachelier :

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Président,

Madame la Deuxième Présidente,

Monsieur le Ministre,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Messieurs et messieurs les légendes,

Votre Sainteté,

Cher Bernardin,

Monsieur le Nonce,

Monseigneur,

Mon Général,

Monsieur le Préfet,

Madame la Sous-Préfète,

Monsieur le Directeur des services d’imprimerie,

Madame la Directrice-adjointe au service des concours,

Monsieur Olivaint, Madame Olivaint,

Cher Père, chère Mère,

Camarade, Camarade

Avant que les cinq Titans n’entrent en scène et que l’audience s’étourdisse de joutes verbales, je m’étais dit initialement qu’à cette jouissance oratoire devait précéder un moment d’ascèse.

Aussi pensais-je commencer par un carême silencieux pour nous mettre en oreille.

J’avais alors prévu une minute de silence pour les frères logos, pathos et ethos. Une minute plus longue pour leurs sœurs protase, antapodose, apodose et clausule. Une minute pour vous, les racleurs de gorge des entractes et une bonne demi-douzaine pour nous, cancres, hères et pauvres diables, naufragés des références, au nom de toutes les allusions que nous ne comprendrons pas.

Insomniaque, j’en étais là de mes projets insonores – j’écrivais des silences, je notais l’inexprimable, je fixais des vertiges – quand soudain

J’eus un rêve : le mur des siècles m’apparut

Et ce mur frissonnait comme un arbre au zéphire ;

Tous les siècles, le front ceint de tours ou d’épis,

Étaient là, mornes sphinx sur l’énigme accroupis ;

Et chacun me fixant m’enjoignait de parler.

J’ai donc préparé un discours [sortir une autre feuille]

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Président,

Madame la Deuxième Présidente,

Monsieur le Ministre,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Messieurs et messieurs les légendes,

Votre Sainteté,

Cher Bernardin,

Monsieur le Nonce,

Monseigneur,

Mon Général,

Monsieur le Préfet,

Madame la Sous-Préfète,

Monsieur le Directeur des services d’imprimerie,

Madame la Directrice-adjointe au service des concours,

Monsieur Olivaint, Madame Olivaint,

Cher Père, chère Mère,

Camarade, Camarade

 

C’est avec une joie infinie et un honneur incommensurable que j’ai le grand plaisir de vous accueillir ce soir à l’Assemblée nationale, en salle Victor Hugo.

Voyez-vous, qui aurait dit que, moi, l’enfant breton égaré en Lorraine, avec son chapeau, le fils de l’école publique des banlieues rouges, l’avocat omis d’un barreau même pas de Paris, le ver de terre amoureux d’une étoile.

Oui, qui aurait dit que moi, je serais un jour à Paris – à Paris ! – premier entre mes pairs.

Eh bien j’y prends goût, et ce haut-patronage, ma foi, sied bien à mon plumage.

Et pour pouvoir juger de cinq âmes bien nées, je poursuis sur cette voie.

Serai-je austère Commandeur

Tout droit dans mon armure, un grand homme de pierre

Me tenant à la barre et coupant le flot noir ? Serai-je juge ? Serai-je apôtre ? Non, c’est trop peu.

Et si ce soir j’étais Dieu ?

Je voudrais justement pour conclure vous faire partager une conviction de dieu et je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes :

Vive la République

Vive la France