Oui, nous sortirons du glyphosate en trois ans

[OUI, nous sortirons du glyphosate en trois ans]

Tout d’abord, il est indispensable de préciser que le vote questionné depuis samedi ne portait absolument pas sur le principe de l’interdiction ou non du glyphosate en France d’ici trois ans.

La volonté du Gouvernement et de la majorité parlementaire d’interdire le glyphosate en France d’ici 2021 est intacte. Le vote de samedi dernier, qui interpelle ceux qui méconnaissent ou instrumentalisent le sujet, est un vote relatif à l’outil législatif utilisé pour atteindre le résultat.

Depuis le début, dans le cadre de la loi EGALIM, nous avons souhaité privilégier le dialogue et la construction d’une relation de confiance avec le monde agricole. Nous croyons en un travail main dans la main avec tous les acteurs en responsabilisant les filières et en développant très largement des alternatives en amont.
Néanmoins, si toutes les parties ne respectent pas leurs engagements sur ce sujet, sous un an, alors la loi les-y contraindra.

Depuis un an, nous avons fait de la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques un sujet prioritaire. Car les enjeux dépassent de loin le seul caractère économique ou productif. Il est ici question de santé publique, de respect de l’environnement et de la transformation de notre modèle agricole (production, transformation, distribution).

En novembre 2017, suite à la volonté affichée de la Commission européenne de prolonger l’autorisation du glyphosate en Europe pour une durée de dix voire quinze ans, c’est le Président de la République qui, par la négociation, a permis de réduire ce délai à cinq ans. Néanmoins, pleinement conscient de l’urgence de la situation, il a fixé au Gouvernement français un objectif encore plus ambitieux : celui de sortir du glyphosate en trois ans.

Afin de préparer cette sortie définitive avec chacune des parties, le Gouvernement a réuni, dès le mois de juin 2018, les représentants du monde agricole, de l’agro-alimentaire et de la distribution ainsi que les acteurs de la recherche et de l’innovation. C’est cette méthode qui permettra de faire ce que les responsables publics précédents n’ont pas fait.

De plus, dans un souci de mobilisation de toutes les filières, les Ministres de l’Agriculture et de la Transition Ecologique et Solidaire ont annoncé la création d’un centre de ressources, le renforcement des actions d’accompagnement, le suivi des quantités vendues et utilisées ou encore la pleine mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture.

La majorité LaREM à l’Assemblée nationale a également décidé de la création d’une mission d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, avec Mathieu Orphelin et Jean-Baptiste Moreau, dont les travaux débuteront le 27 octobre prochain.

Enfin, dans le cadre du projet de loi #EGALIM, nous avons maintenu notre objectif de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Nous avons ainsi soutenu et adopté l’interdiction des remises, rabais et ristournes sur l’ensemble de ces produits ainsi que la séparation capitalistique des activités de vente et de conseil.
Ce projet de loi traduit notre pleine et entière mobilisation pour une alimentation saine et durable.

Le cap ambitieux est donc tenu et la méthode employée permettra d’atteindre notre objectif. Soyez assurés que nous tiendrons cet engagement. Nous avons fixé des principes : celui d’une discussion apaisée avec le monde agricole, celui de la recherche et de l’innovation pour garantir des alternatives durables, celui de la confiance plutôt que de la défiance.

Nous n’opposerons pas les uns et les autres mais nous réglerons ce sujet avec tous.

Chacun nous jugera, avant la fin du quinquennat, sur nos résultats