Mobilisation générale

Mobilisation générale

Nous sommes en guerre. Et l’heure est à la mobilisation générale. De l’Etat. Des entreprises. Des associations, des collectivités. En réalité, de chaque Française et de chaque Français.

L’heure n’est vraiment pas à la polémique. Alors que nous avons entamé une lutte sans merci, au prix de lourds sacrifices, pour retarder la propagation du virus et permettre à nos services hospitaliers de faire face, le temps n’est pas venu d’évoquer les décisions des deux majorités conservatrices précédentes relatives à la suppression des stocks stratégiques de masques. Le temps n’est pas venu non plus de nous interroger sur les manœuvres de quelques sénateurs Les Républicains qui ont retardé l’adoption du projet de loi d’urgence sanitaire pour des raisons bassement électoralistes ou sur l’abstention coupable des parlementaires socialistes. Le temps n’est pas venu, non, de nous indigner de la surenchère mortifère des jumeaux de l’extrême droite et de l’extrême gauche ou encore de l’indécence de certains « écologistes » qui donnent des leçons de gestion sanitaire alors qu’ils furent, tant d’années durant, les pourfendeurs de la vaccination. Non, l’heure n’est ni aux polémiques, ni aux opérations de communication politicienne de quelques-uns, ni à la recherche de responsables et de coupables par quelques autres.

L’heure n’est pas encore non plus aux enseignements que tous nous devrons tirer de cette épreuve. Le Président de la République a été l’un des premiers à décrire la profonde mutation historique que vit notre monde – technologique, géopolitique, écologique, migratoire – et la nécessité, pour y répondre, de construire une souveraineté française et européenne. C’est précisément pour cette raison que beaucoup d’entre nous l’avons rejoint. Certains ont minoré cette analyse : après tout, la vieille politique, la préservation du système ancien finirait par reprendre ses droits. Ils sont rattrapés aujourd’hui par le tragique du réel. Par cette pandémie qui, au-delà des souffrances, dit l’urgence qu’il y a à nous organiser pour que nos choix, nos vies, ne dépendent jamais du choix des autres, pour pouvoir dire « nous », tout simplement. Ce n’est pas un combat de gauche ou de droite. N’en déplaise au dernier quarteron de commentateurs paresseusement déconnectés. C’est un moment comme la France en a connu dans son Histoire. Un moment d’union d’une génération autour d’un combat : inventer une protection française et européenne dans un monde qui s’aligne non pas sur la force du plus fort mais sur la faiblesse du plus faible. Cette crise sanitaire va durer. Elle nous fera perdre des proches. Puisse-t’elle provoquer un sursaut collectif et individuel sur la nécessité de repenser nos vies et nos organisations, nos façons d’accélérer et d’accompagner les transitions et sur l’urgence de nous concentrer enfin sur l’essentiel : la santé, l’éducation et la science. Ce sont des thématiques, des politiques, mais il y a par-delà un horizon encore plus central, plus crucial : rebâtir une nation libre, fière qui cultive la fraternité plutôt que le repli et les oppositions stériles. Au fond, refaire la paix après la guerre.

Mais l’heure n’est pas encore, je le disais, à ces enseignements.

Non, l’heure est aujourd’hui à la mobilisation générale. Intégralement.
A l’unité de la Nation. Absolument.
A la responsabilité de chacune et de chacun. Uniquement.
C‘est ainsi que nous vaincrons. Ainsi que nous serons dignes de l’engagement total de ceux à qui nous devons tant, les soldats quotidiens de notre République, ceux que nous avons enfin décidé d’applaudir chaque jour à 20 heures.
C’est à eux et à nos morts que nous devrons rendre des comptes.
C’est pour eux et pour nos morts que nous devrons radicalement changer.