Prime de 1 000 €. Le député F. Bachelier tacle le président du département d’Ille-et-Vilaine

Prime de 1 000 €. Le député F. Bachelier tacle le président du département d’Ille-et-Vilaine

Jean-Luc Chenut, le président socialiste du département d’Ille-et-Vilaine, va proposer une prime de 1 000 € aux 5 000 personnes qui ont œuvré durant la crise du coronavirus, mais qui n’ont pas été prises en compte par l’État. Une décision qui a fait bondir le député Lrem Florian Bachelier qui rappelle l’engagement de l’État.

Ils sont intervenus durant la crise du coronavirus. Jean-Luc Chenut, le président socialiste du département d’Ille-et-Vilaine, a annoncé mardi qu’il allait proposer une prime de 1 000 € aux personnels des services d’aide à domicile, des établissements d’accueil pour personnes âgées et handicapées non médicalisés, des structures dédiées à la protection de l’enfance ainsi que les accueillants familiaux. En tout, plus de 5 000 personnes sont concernées dans le département :  Celles qui n’ont pas été intégrées dans le dispositif de l’État , précisait Jean-Luc Chenut. L’investissement est conséquent pour le département : 5 millions €.

Cette décision a été saluée dans un courrier par Florian Bachelier, député Lrem d’Ille-et-Vilaine et premier questeur de l’assemblée nationale :  Chaque acteur de la puissance publique doit assumer ses responsabilités dans le champ de compétences qui est le sien . Avec un petit bémol : « Depuis trente ans, c’est la compétence des conseils départementaux que de financer et accompagner ces différentes structures. Il n’est par conséquent pas tout à fait surprenant que  vous  leur versiez des primes que vous jugez tout comme moi pertinentes. »

  • « Vous donnez d’une main..»

Jean-Luc Chenut demandait également aux députés de la majorité de soutenir  une compensation partielle, comme l’ont obtenue les communes et les intercommunalités, de nos pertes de recettes qui sont considérables .

Réponse du député Florian Bachelier : « Vous » donnez d’une main cinq millions et d’une autre main vous attendez que les douze millions d’ores et déjà non perçus de droit de mutation (NDLR : frais de notaires) vous soient compensés. Cette majorité est la première, depuis dix ans, à ne pas avoir diminué les dotations des collectivités locales. Je ne peux, par conséquent, pas vous laisser dire que  ceux qui ont continué à exercer leurs missions auprès des plus vulnérables ont été lésés et abandonnés par les pouvoirs publics . Cela n’est pas exact et fait peu de cas de l’inédite action de la puissance publique, dans son ensemble, dont celle que vous présidez, face à cette crise historique. »

  • La fin du département ?

Le député attaque ensuite : « Vous connaissez ma position sur la pertinence de l’échelon Conseil départemental dans notre région. Comme vous le savez, je suis favorable à une assemblée de Bretagne qui substituerait aux 54 conseillers départementaux et 25 conseillers régionaux bretilliens, un élu par canton (soit 27 conseillers). »

Il termine, agacé :  La semaine prochaine sera étudiée à l’Assemblée nationale le troisième projet de loi de finances rectificatif pour faire face aux conséquences du Covid-19. Les collectivités locales et territoriales bénéficieront de fortes compensations de l’État. Elles ne seront, je l’imagine, pas suffisantes, mais respectueuses de votre autonomie. Étrange situation qui après quarante années de décentralisation conduit encore les collectivités à se tourner vers l’État quand surviennent les vents mauvais.