Ouest-France – Attentats. « La menace terroriste est forte… même à Rennes »

Ouest-France – Attentats. « La menace terroriste est forte… même à Rennes »

Florian Bachelier, député LREM de Rennes et premier questeur à l’assemblée nationale, estime que la ville de Rennes est « identifiée par les réseaux terroristes comme une ville facile parce que les effectifs de police y sont deux fois moindres que dans des villes de taille similaire ».

Propos recueillis par Vincent JARNIGON

Après l’assassinat du professeur Samuel Paty, le terrorisme islamiste a une nouvelle fois frappé à Nice… la France est en guerre ?

La France, parce qu’elle est la France, est ciblée. Oui nous sommes en guerre. Le temps des hommages est important, celui de l’action, désormais est vital. Sur toutes les lignes ! Le renseignement, la police, la justice, la diplomatie notamment européenne mais aussi l’école, l’école… l’école qui, le Président le rappelait, doit « faire des républicains », transmettre de génération en génération la liberté, nos valeurs, d’une certaine façon les rendre immortelles. Les professeurs sont en première ligne de cette guerre culturelle. Nous devons, à leurs côtés, faire bloc. Nous nous battrons mètre par mètre, rue par rue, village par village, ville par ville contre ce fléau. En restant nous-mêmes. La France c’est une volonté et un combat de chaque matin.

Mohamed Iqbal Zaïdouni, le président du culte musulman, appelle « les politiques, à l’unité, à la responsabilité et au discernement dans leurs déclarations, évitant toute stigmatisation ». Vous partagez ?

Nous payons collectivement le déni, la compromission et la lâcheté d’une partie de la classe politique française au cours des trois dernières décennies. Les petits accommodements du quotidien, souvent pour des raisons électoralistes, se paient cash aujourd’hui. En France, il n’y a qu’un seul camp, celui de la République. Une seule communauté, la communauté nationale. Chaque Français doit dénoncer l’horreur pour ce qu’elle est, et avec des mots précis : ce sont des attentats terroristes islamistes. Et que les Français de confession musulmane ont le devoir de le dire encore plus fort que les autres justement pour éviter les risques de confusion. C’est ce qu’a remarquablement fait le Recteur de la Mosquée de Paris.

C’est la police municipale armée qui a neutralisé le terroriste à Nice… Est-ce que cela peut relancer l’armement de la police municipale ?

C’était déjà le cas le 14 juillet 2016 à Nice et à Conflans-Sainte-Honorine il y a deux semaines. On ne fait pas la guerre avec des bougies. L’armement des policiers municipaux de Nice et de Conflans a permis à chaque fois de neutraliser les terroristes. Et je veux saluer les Maires qui depuis longtemps mènent ce combat et qui parfois ont été moqués, brocardés. Il n’y a plus de place, ni de temps, ni pour la naïveté, ni pour la lâcheté. Un policier désarmé est une cible parce qu’il porte l’uniforme de la République.

Vous aviez déclaré, en janvier dernier, que Rennes était sur la carte du terrorisme… C’est toujours le cas selon vous ?

La menace terroriste est là, forte, permanente depuis 2012, et encore davantage depuis 2015. Sur l’ensemble du territoire national. La ville de Rennes ne fait pas exception et est identifiée par les réseaux comme une ville facile, parce que les effectifs de police y sont deux fois moindres que dans des villes de taille similaire et parce que les discours ambigus ont formé un terreau favorable aux pas de côté avec la République, au séparatisme, à la radicalisation.

Depuis le début de la mandature, la majorité présidentielle a renforcé les effectifs de police nationale, il faut poursuivre en ce sens. Une grille antiterrorisme a été installée, il y a plusieurs mois maintenant à ma demande, en bas de la place des Lices. Ce n’est pas pour décorer. Préfet, élus nationaux et locaux doivent parler d’une seule et même voix, et surtout agir ensemble. Tout est lié : la lutte contre le terrorisme islamiste, la lutte contre le trafic d’êtres humains et de stupéfiants. Et lorsque l’on est à ce point attaqué, nous n’avons pas le droit de nous diviser, de tergiverser, de rechercher la polémique. C’est unis et déterminés que nous y arriverons. Nous nous le devons. Nous le devons aux Françaises et aux Français. À la France.