Ouest-France – Rave party en Ille-et-Vilaine. Pour le député Bachelier, les organisateurs sont des « égoïstes »

Ouest-France – Rave party en Ille-et-Vilaine. Pour le député Bachelier, les organisateurs sont des « égoïstes »

Le député LREM, Florian Bachelier, également Premier questeur de l’Assemblée nationale, prend la défense des gendarmes et de l’État dans la gestion de la grande rave party de Lieuron le soir du réveillon. Il accuse les organisateurs d’être « irresponsables et égoïstes ». Il prend également la défense du gouvernement dans la gestion du lancement de la vaccination contre le Covid 19.

Certaines voix s’élèvent pour dire que l’État a été laxiste avec la rave party qui a rassemblé plus de 2500 personnes à Lieuron le soir du réveillon. Votre avis ?

Dire que l’État a été laxiste, ce serait nier l’engagement remarquable des gendarmes qui ont fait preuve d’un grand sang-froid et d’un professionnalisme à toute épreuve. Donc non, l’État a agi sur la base des lois de la République qui doivent s’appliquer partout et tout le temps. Peut-on néanmoins s’interroger sur le renseignement en amont, demander l’effectivité des poursuites judiciaires en aval ? Oui, bien sûr. Mais de grâce, pas de fausses polémiques. Surtout par des responsables politiques des dernières décennies, notamment ceux qui n’ont jamais pris leurs responsabilités sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Ce n’est pas l’État qui est en faute. Ce sont les comportements irresponsables d’un quarteron d’antirépublicains qui considèrent leur plaisir personnel, égoïste, au-dessus des lois de la République et de la santé et de la sécurité du reste du groupe.

Le Préfet et les gendarmes expliquent notamment que l’intervention dans le hangar était dangereuse…

Trois gendarmes ont été blessés. Un véhicule de gendarmerie a été incendié. Faut-il davantage pour qualifier la dangerosité de l’opération ? J’ajoute que parmi ces délinquants de la Saint-Sylvestre, a été identifié un groupe d’extrême gauche radicalisée formé précisément à l’école violente de la zad, que la configuration géographique du site rendait difficile toute intervention immédiate et qu’il a fallu prendre 24 heures supplémentaires pour aligner cinq escadrons de gendarmes mobiles, pour mettre fin à ce rassemblement illégal.

Enfin, soyons tous bien conscients d’une chose simple : quand nos policiers, nos gendarmes, nos militaires, nos fonctionnaires du renseignement sont mobilisés sur ce type d’opérations, nous affaiblissons de facto notre défense face aux terroristes islamistes et face à la délinquance du quotidien.

Quelle réponse judiciaire ?

La Loi, rien que la loi mais toute la Loi. La loi et l’État de droit, c’est ce qui nous tient ensemble. Face aux défis auxquels la France fait face – la pandémie, le climat, le terrorisme, si ce qui constitue le socle de notre unité fissure, alors nous connaîtrons de grandes difficultés. Par conséquent, aucune impunité ne doit exister : personne ne pourrait le comprendre après les 9 mois de restrictions sanitaires que nous venons de vivre. Je souhaite que les magistrats se concentrent sur l’essentiel : des sanctions fortes, concrètes, immédiates, visibles à chaque fois que l’autorité républicaine est défiée.

Vaccination : « Le président a secoué le système… fort »

Y a-t-il un retard à l’allumage sur la campagne de vaccination ?

Nous payons, je crois, deux phénomènes. D’une part – et cela vient de loin – l’endogamie d’une partie de la haute fonction publique, en particulier en matière de santé, qui s’est parfois coupée des attentes du pays, mais aussi de l’innovation qui a cours dans le secteur privé. De ce point de vue, nous avons commencé à ouvrir grand les portes du secteur public. Sans doute faut-il aller plus loin. Second phénomène : plus récent, la judiciarisation à outrance de l’action publique qui fait que, pour éviter tout risque pénal, les responsables politiques prennent d’infinies précautions qui, en l’espèce, se traduisent concrètement par des délais indignes d’un pays comme la France. Je ne crois pour ma part qu’en une responsabilité en la matière : celle que les responsables publics ont face au peuple français, pas au gouvernement des juges.

Le Président Macron était apparemment en colère ?

Le Président de la République a bien fait de secouer le système, fort. D’autant plus que cette campagne de vaccination est vitale. Au sens littéral : chaque vaccin administré, c’est un combat gagné pour la vie. Sur le plan économique et social : chaque vaccin administré, c’est un pas supplémentaire vers la réouverture de nombre de secteurs aujourd’hui fermés, un pas supplémentaire vers la relance, un pas supplémentaire vers le retour des jours heureux. Stop, donc, aux commentaires. Place au Faire.

Propos recueillis par Vincent JARNIGON.

Article de Ouest-France