Le Télégramme – Dépenses des députés : la polémique enfle, Florian Bachelier désamorce

Le Télégramme – Dépenses des députés : la polémique enfle, Florian Bachelier désamorce

En rehaussant le plafond des frais courants des députés de 2 750 €, le premier questeur de l’Assemblée nationale suscite une vive polémique. L’élu breton s’en explique. Et assume.

Le premier questeur de l’Assemblée nationale et député LREM d’Ille-et-Vilaine Florian Bachelier y réfléchira peut-être désormais à deux fois avant de bouger une ligne budgétaire. En augmentant le plafond des frais courants des députés – passés de 18 950 € annuels à 21 700 €, soit une hausse de 15 % – l’élu breton suscite ces derniers jours une vive polémique. Au point même de devoir s’en expliquer sur le plateau de Cyril Hanouna dans l’émission « Touche pas à mon Poste ! ». C’est dire à quel point il y a le feu au Palais Bourbon…

Tout est parti de trois élues marcheuses du Var : Sereine Mauborgne, Cécile Muschotti et Valérie Gomez-Bassac. Ces dernières déplorent le choix d’augmenter la dotation matérielle des députés – permettant de couvrir les frais professionnels de type taxi, téléphonie ou courrier – alors que la crise sanitaire et économique bat son plein en France. Laurianne Rossi, elle-même, qui siège à la questure aux côtés de Florian Bachelier et Éric Ciotti, y va aussi de son couplet, dénonçant une décision « difficilement explicable ». De quoi mettre en fâcheuse posture ces deux petits camarades de la questure.

Il n’y a pas un euro qui va dans la poche des députés ! C’est de la réaffectation budgétaire

Or « il n’y a pas un euro qui va dans la poche des députés ! C’est de la réaffectation budgétaire », martèle Florian Bachelier, passablement agacé par la façon dont sont présentées les choses par certains. Car s’il a décidé de fixer le nouveau plafond à 800 000 €, c’est parce que la crise le nécessite. Confinement, couvre-feu et télétravail obligent, il est selon lui devenu difficile pour les députés de conserver une proximité avec leurs administrés. D’où un usage accru du téléphone, d’internet, des courriers postaux… Et donc une augmentation du plafond accordé à ces dépenses.

100 M€ d’économies sur le quinquennat

« Cet argent, c’est pour améliorer le travail parlementaire, c’est pour bosser et pas pour autre chose ! Et si un député n’a pas envie de bosser et bien il ne le dépense pas et cela revient dans le budget de l’Assemblée nationale », explique Bachelier. L’ex-avocat rennais estime d’autant plus injuste la polémique que, depuis trois ans, l’Assemblée nationale a fait des efforts budgétaires importants pour réduire les dépenses ainsi que les avantages des députés : fin des régimes spéciaux de retraite et de chômage, suppression des trains gratuits à vie ou du forfait obsèques, etc.

« Entre 2017 et 2019, on a économisé 55 M€ d’argent public. Et en 2020, on devrait être entre 30 et 35 millions. Pour la durée du quinquennat, on va réussir à faire 100 M€ d’économies, c’est énorme ! » Il n’empêche. Toucher à cette ligne budgétaire n’était-il pas une erreur – a minima de communication – en pleine pandémie ? « Il n’aurait fallu toucher à rien ? C’est ce que faisaient nos prédécesseurs. On voit où ça a conduit le pays », répond Florian Bachelier, droit dans ses bottes.

Article Le Télégramme

Autres articles