Ouest-France – Fusillade à Rennes. Le député s’inquiète « du niveau de violence et d’insécurité qui a explosé »

Ouest-France – Fusillade à Rennes. Le député s’inquiète « du niveau de violence et d’insécurité qui a explosé »

Après le drame de Cleunay, qui a coûté la vie à un jeune homme tué par balles en pleine rue mercredi dernier, le député LREM de Rennes, Florian Bachelier, estime que la « violence et l’insécurité ont explosé à Rennes ». Comme à Toulouse, il propose un contrat de sécurité entre l’État et la Métropole Rennaise.

 

Un homme est mort la semaine dernière, en pleine rue à Rennes, après avoir été grièvement blessé par balles. Une affaire sur fond de trafic de stupéfiants. Le député LREM de Rennes, Florian Bachelier, revient pour Ouest-France sur ce drame.

Vous appelez les élus nationaux et locaux à faire bloc. Vous estimez que ce n’est pas le cas ?

Assurer la sécurité de tous, partout et tout le temps, c’est le devoir de la puissance publique. Et pendant trop longtemps, les partis politiques ont considéré cette mission essentielle soit comme un tabou insurmontable, soit comme un instrument de caricature. Encore aujourd’hui dans certaines villes, le fait d’évoquer cet enjeu pourtant fondamental, notamment pour les Français des classes populaires, suffit à vous disqualifier pour la classe politique antique.

Pour vous, la ville de Rennes, est défaillante sur cette problématique de sécurité ?

Le problème, c’est que ces postures ont des conséquences concrètes dans nos vies, près de nos écoles. En refusant de regarder les problèmes en face, d’écouter les gens, tous les gens, de dépasser les habitudes idéologiques, d’assumer le débat et la nuance et en refusant de travailler sérieusement sur le sujet de la sécurité, on s’est retrouvé dans des situations telles que nous les connaissons à Nantes, Dijon, ou Rennes. S’agissant de Rennes, pour être très clair : ce n’est pas un simple sentiment d’insécurité qui a augmenté, c’est le niveau de violence et d’insécurité réelle qui a explosé. Il est urgent que chacun se reprenne, que les élus fassent désormais bloc et assument leurs responsabilités. C’est le minimum que nous devons à nos concitoyens. Que l’on soit de la majorité ou de l’opposition.

Vous souhaitez, comme à Toulouse, un contrat de sécurité entre l’État et la ville de Rennes. Vous pouvez détailler ?

Idéalement ce contrat doit se faire entre l’État et la Métropole. L’objectif est double : un, partager enfin un diagnostic commun, deux, prendre des engagements clairs, côté élus locaux comme côté gouvernement. Il faut une méthode simple : associer et coordonner tous les acteurs impliqués (police nationale, gendarmerie nationale, polices municipales, services du ministère de la justice et de l’éducation nationale, gestionnaires de transport, bailleurs sociaux, entreprises privées de sécurité, etc.) et renforcer leurs moyens.

Les champs sont larges : sécurité intérieure, justice de proximité, éducation nationale, prévention de la délinquance, lutte contre le séparatisme et lutte contre tous les réseaux de trafics d’êtres humains et de stupéfiants. ​Le contrat de sécurité, c’est une réponse plus rapide, plus claire et plus lisible. C’est plus de moyens et une chaîne de protection mieux organisée donc plus efficace. Je me battrai de toutes mes forces à Paris et à Rennes pour que nous sortions de cette fatalité rennaise.

Le candidat Rassemblement national aux régionales, Gilles Pennelle, a estimé sur France 3 Bretagne que ce contrat de sécurité était un « énième gadget ». Pour lui, la principale cause de ces faits divers c’est l’immigration. Que répondez-vous ?

Je réponds que la sécurité et la justice ne sont pas des « gadgets » pour les Français. La meilleure façon de lutter contre les projets politiques de l’extrême droite, c’est précisément d’éradiquer l’insécurité et la violence. De garantir la paix civile et la tranquillité de tous. L’enjeu est trop important, à tout point de vue, pour rester figés dans les postures et les caricatures dans lesquelles veulent nous entraîner les extrémistes de tous bords.

Nous devons aux Rennaises et aux Rennais plus que les mots, plus que les moyens. Des résultats. La restauration de l’autorité républicaine.

Article Ouest-France