La passion française de l’universel – Édito 30e journée du Livre politique

La passion française de l’universel – Édito 30e journée du Livre politique

« Au fond, il n’y a qu’une seule race : l’humanité » : ces mots de Jaurès disent beaucoup de ce qu’est la République française : un mouvement né de la Révolution et même de la Renaissance et même des Lumières qui fait de l’homme la mesure de toute chose sans distinction de race, d’origine, de religion.  

Cette belle idée que la Nation française a offert au monde et qui avait fini par être une donnée de base du débat public est aujourd’hui remise en question. Nombre de responsables, se parant des habits du progressisme, en viennent en effet à nier l’égalité des vies humaines, des droits, des choix. Sous couvert de féminisme, on développe les réunions non mixtes. Sous couvert de déconstruction du colonialisme, on demande à l’homme blanc de s’excuser. Sous couvert de défense de lutte contre le racisme, on interdit à des acteurs de se grimer en noir, y compris pour jouer Othello. Résultat : le séparatisme prospère, le commun se réduit, la République se désagrège. Le droit à la différence produit un archipel, la génération de l’offense une addition d’identités repliées sur elles-mêmes.

Il y a urgence à un retour aux sources républicaines. Celles de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Celles de la IIIème République, dont nous avons fêté l’année dernière les 150 ans. Il est temps de reprendre le flambeau du combat de l’universel qui n’aurait jamais dû quitter les militants de l’antiracisme. Il est temps de redire ce que nous avons en commun – une histoire, une culture, une langue qui a engendré l’Etat et la Nation. Pour les républicains, il n’y a pas plus noble cause.

 

✒️ Édito écrit à l’occasion de la 30eme édition de la Journée du Livre politique à l’Assemblée nationale