Sécurité à Rennes. Pour le député Florian Bachelier, « il faut saisir la main tendue par l’État » – Ouest-France

Sécurité à Rennes. Pour le député Florian Bachelier, « il faut saisir la main tendue par l’État » – Ouest-France

Florian Bachelier, s’est exprimé dans une interview pour le journal Ouest-France a retrouver en ligne et dans l’édition du 15 septembre.

Florian Bachelier, député LREM de Rennes et premier questeur de l’Assemblée nationale, souhaite que la ville de Rennes et l’État signent le contrat de sécurité intégrée qui prévoit le renfort de 40 policiers nationaux. Il souhaite que ce contrat soit élargi à la Métropole.

Le contrat de sécurité intégrée, qui prévoit des effectifs de policiers nationaux supplémentaires à Rennes, doit être signé entre la ville de Rennes et le ministère de l’Intérieur. C’est une bonne chose ?

Le Premier ministre, Jean Castex, avec lequel j’ai beaucoup travaillé le sujet, viendra à Rennes le vendredi 1er octobre, accompagné du ministre de l’Intérieur pour signer et annoncer des moyens complémentaires. L’État a, avec Édouard Philippe puis Jean Castex, déjà pris depuis quatre ans toute sa part. Outre les mesures nationales, je veux citer ici l’emploi de plus de 100 policiers supplémentaires sur la circonscription de sécurité publique de Rennes, 62 nouveaux emplois de justice de proximité dans le ressort de la Cour de Rennes ou encore 204 nouveaux instituteurs dans le département. Quand c’est bien, il faut le dire. L’État a pris sa part et va continuer à le faire. Le président de la République l’a réaffirmé fort et clair à Roubaix. Aux collectivités de prendre désormais la leur.

Vous dites que les collectivités doivent prendre leur part. Ce n’est (n’était) pas le cas ?

L’ambition de ce contrat de sécurité intérieure est simple : effort de l’État oui, mais en contrepartie d’engagements de la part des maires. Il y a urgence. Car depuis 10 ans, Rennes est touchée par l’explosion de l’insécurité sur fond de stupéfiants, d’armes et de traite d’êtres humains. Moi, je ne veux pas que Rennes continue de glisser. Et donc j’appelle tous les maires de la métropole rennaise, même ceux qui sont englués dans des alliances contre nature EELV-LFI, à faire preuve de courage et à saisir la main tendue par l’État.

Vous souhaitez un contrat métropolitain. Pourquoi ?

Parce que je ne crois pas qu’un délinquant arrête d’être délinquant, qu’un trafiquant arrête d’être trafiquant, quand il passe de Rennes à Saint-Jacques ou Vezin ! Soyons sérieux : on ne va pas dire à nos policiers, ici à Rennes, vous êtes en zone CSI donc vous avez tels moyens.

De l’autre côté de la rue, à Chantepie, Vezin, Le Rheu ou Cesson, vous n’êtes pas en zone CSI donc on vous retire ces moyens. C’est, il me semble, une question de bon sens. Il suffit, pour s’en convaincre, d’interroger ceux qui sont sur le terrain chaque nuit et chaque jour. Policiers mais aussi magistrats, professeurs, bailleurs sociaux, engagés associatifs, transporteurs, préfets, diplomates. Sortons des dogmes, écoutons les gens, travaillons tous ensemble et nous y arriverons.

Europe Écologie Les Verts : « des extrémistes anticroissance déguisés en verts »

L’année politique va être dense avec l’élection présidentielle suivie de l’élection législative. Vous souhaitez qu’Emmanuel Macron se représente et, vous-même, allez-vous vous représenter ?

Je serai aux côtés du Président de la République pour agir jusqu’au dernier quart d’heure. Ce n’est d’ailleurs que comme cela que, les uns et les autres, nous pourrons envisager un second mandat. Il n’y aura pas d’investiture avant le mois d’avril prochain. Restons concentrés.

Dans votre circonscription, les derniers résultats électoraux (élections départementales) sont très favorables aux écologistes. Il reste 10 mois pour convaincre ?

Je ne suis pas d’accord. Europe Écologie Les Verts ce ne sont pas des écologistes, ce sont des extrémistes anticroissance déguisés en verts. La meilleure façon de s’en convaincre, c’est d’assister aux débats entre les candidats à la primaire. Une autre planète si j’ose dire !

L’écologie est un sujet trop sérieux pour le laisser au parti politique qui en a fait un commerce et qui glisse, depuis quelques années maintenant, dans un délire qui n’a rien à voir avec les valeurs de la République et de la France. Le Parti Communiste l’a bien compris, une partie du Parti Socialiste commence à le comprendre. Donc restons concentrés, servons encore les Français dans les 10 prochains mois et à la fin chacun tranchera en responsabilité.

Après l’échec des régionales en Bretagne du candidat soutenu par En Marche vous avez mis en garde votre camp. Est-ce que vous estimez qu’aujourd’hui LREM est en ordre de marche pour les futures échéances électorales ?

Il reste clairement du chemin à faire mais pour reprendre le mot de Talleyrand : « Quand nous nous regardons, nous nous désolons mais quand nous nous comparons, nous nous consolons. »

Aux journées parlementaires de la majorité à Angers, le Premier ministre Castex a mis en garde : « Nos erreurs peuvent compter double, voire triple ». Vous partagez ?

Oui parce que le pays est fatigué d’un an et demi de crise sans précédent. Oui parce que pour ceux qui ont promis de changer radicalement les usages et de rompre avec des décennies de combinaisons politiciennes, le devoir de faire différemment est impérieux. Et donc, nous devons tout faire, dans les mois à venir, pour ne pas commettre les erreurs de nos concurrents.

Cela suppose, au niveau des élus, de rester concentrés, humbles et au niveau du pays : le moins de commentaires, pas de jeux de positionnements, de l’action et des propositions sur nos priorités, emploi, sécurité, éducation, santé, écologie. Cela suppose aussi de mettre sous tension la haute administration pour éviter que des décisions prises dans les huis clos des bureaux, sans consulter le pouvoir politique, alimentent la défiance.

Comprenez-vous la mise en examen de l’ex ministre de la santé, Agnès Buzyn ?

Non. Pour être clair – et je le disais déjà quand j’étais avocat – continuer à entretenir la confusion entre responsabilité pénale et responsabilité politique est létale pour notre pays. La cour de justice de la République participe de ce mélange des genres. Notre majorité a proposé de la supprimer, le Sénat jusqu’ici bloquait. Soyons courageux en actes plutôt qu’indignés dans le journal. En outre, Laurent Berger a parfaitement résumé la situation : « Ça me gêne parce qu’on est tous capables de dire ce qu’il aurait fallu faire 20 mois après. » C’est assez facile. Je ne suis pas sûr que cela facilite la prise en charge de responsabilités dans des moments très compliqués. Il est grand temps que chacun retrouve sa place. La séparation des pouvoirs est l’une des conditions vitales de notre République. Il faudra aussi être courageux sur ces entailles aux grands principes qui n’ont que trop duré : engageons vraiment le chantier de la responsabilité des magistrats par exemple. Et demandons par exemple également à Monsieur Molins, le Procureur général auprès la cour de cassation, de mettre autant d’énergie à combattre la criminalité et l’incessante remise en question de l’autorité de l’État qu’à écumer les plateaux on et off de Paris.

Propos recueillis par Vincent JARNIGON.