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LA TRIBUNE [Tribune] La cybersécurité au cœur de la relance du projet européen

99% des incidents de cybersécurité qui surviennent sont transfrontaliers. Ils échappent par définition aux logiques nationales. Par Florian Bachelier Député de l’Ille-et-Vilaine, Premier Questeur de l’Assemblée Nationale.

C’est un tournant historique dans l’histoire de l’Union Européenne. Le Président de la République, Emmanuel Macron, était à Tallin jeudi 28 et vendredi 29 septembre pour le premier Sommet digital de l’UE, qui a placé le numérique au cœur de la relance du projet européen. Avec un pilier central : la souveraineté numérique. Un enjeu qui passe par une politique offensive et efficace en matière de cybersécurité.

Deux semaines plus tôt, c’est le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui avait annoncé un grand plan de refonte de l’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA), avec une évolution de son mandat d’ici à 2020, dans le but – précisément – d’en faire l’Agence de cybersécurité de l’UE.

Cet effort inédit d’organisation s’est doublé d’un effort législatif et règlementaire de grande ampleur. La directive sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information (Network and Information Security, NIS) ainsi que le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), qui entrent en vigueur en mai 2018, forment les piliers d’une politique ambitieuse de cybersécurité à l’échelon européen.

3 millions d’emplois non pourvus
Dans un même mouvement, l’Europe harmonise les cadres, les définitions et les procédures, en contraignant les États à renforcer leurs capacités nationales. Une harmonisation plus que nécessaire, puisque 99 % des incidents de cybersécurité qui surviennent sont transfrontaliers. Ils échappent par définition aux logiques nationales.

Ces efforts ne sont qu’à leurs débuts. D’ici 2021, on estime que 3 millions d’emplois en cybersécurité ne seront pas pourvus en Europe, faute de candidats qualifiés. Cette faille béante dans notre sécurité collective représente aussi un formidable gâchis pour un continent marqué, notamment en France, par trois décennies de chômage de masse. En réalité, la cybersécurité gagnerait à être appréhendée pour ce qu’elle est : un puissant relai de croissance, d’emploi et de compétitivité, c’est-à-dire une véritable opportunité économique.

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