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OUEST FRANCE [Article] Pour Florian Bachelier « le Parlement n’est pas un tribunal »

Député d’Ille-et-Vilaine LREM et premier questeur de l’Assemblée nationale, Florian Bachelier réagit à l’affaire Benalla. Pour lui, l’Assemblée nationale n’a pas vocation à se transformer en tribunal.

Comment expliquez-vous cette effervescence autour de l’affaire Benalla notamment sur les bancs de l’assemblée nationale ?

Cela fait un an que les oppositions voient que l’on avance à un rythme cadencé sur des sujets qu’ils n’ont pas traité pendant 30 ans. Les ordonnances travail, le dédoublement des classes, la réforme de la SNCF, le reste à charge zéro… Cela fait aussi un an que leur monde s’est effondré et qu’ils constatent que nous tenons nos engagements. Cela fait également un an qu’elles sont silencieuses et que rares sont ceux qui nous font des contre-propositions. Depuis trois jours, avec le dossier Benalla, elles ont l’impression d’exister à nouveau.

Ce dossier de droit commun relève uniquement de l’autorité judiciaire. Je ne crois pas que ce soit ni aux parlementaires, ni aux journalistes, ni aux trolls des réseaux sociaux d’instruire une quelconque affaire. Il y a actuellement une enquête de l’IGPN, de l’autorité judiciaire et une commission d’enquête parlementaire qui vont apporter les éléments d’éclairage et rendre justice. Alors qu’on les laisse travailler. Quant aux oppositions, elles se moquent éperdument de la vérité. Elles veulent transformer une infraction de droit commun en un événement politique. Mais tout ceci n’est pas à la hauteur des ambitions que l’on devrait partager pour la France et des responsabilités prises devant l’histoire. Les bénéficiaires de cet abaissement du Parlement ne seront ni les LR ni LFI mais bien l’extrême droite.

Ça paralyse tout de même l’Assemblée nationale ?

Oui. Nous ne pouvons plus travailler depuis 3 jours. Et pourtant nous avons une réforme de la formation professionnelle à mener, dans un calendrier contraint, pour pouvoir l’appliquer à la rentrée, en septembre. Dans le cas contraire, nous perdrions une année. Mais les perdants ne seraient pas les parlementaires mais les Français. Nous avons également le dossier Asile et Immigration qui est à l’ordre du jour de nos travaux. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps… Concrètement, je pense que nous assistons à un véritable sabotage. Je rappelle que l’on a eu 300 rappels au règlement de l’Assemblée nationale pour transformer l’hémicycle en chronique judiciaire en direct sur les chaînes d’infos en continu ! Prenons l’exemple du badge d’accès à l’assemblée, ce n’est pas une nouveauté. Il y en a toujours eu. Au temps de Nicolas Sarkozy, il y avait 6 badges d’accès. Même nombre pendant le mandat de François Hollande dont un appartenait à un stagiaire. J’ai aussi rappelé qu’une journée parlementaire coûte 2,5 millions d’euros d’argent publics ! Nous sommes là pour travailler et produire les résultats promis aux Français.

Êtes-vous favorable à une intervention d’Emmanuel Macron ?

Les mêmes qui hurlent à la séparation des pouvoirs ou, il y a quelques jours, à l’inutilité du Congrès de Versailles, aimeraient désormais que l’exécutif commente un dossier judiciaire. Ils se comportent depuis 3 jours au parlement en piètres procureurs. Nous sommes en pleine confusion des rôles. Ce n’est pas à l’exécutif d’intervenir ni même à la Garde des Sceaux qui ne commente jamais une procédure judiciaire en cours. Notre démocratie mériterait des oppositions parlementaires plus sérieuses.