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Ouest France | Entretien. Florian Bachelier : « On attend beaucoup de La République en marche en Bretagne »

Dépenses des députés, laïcités, élections locales… Le député LREM d’Ille-et-Vilaine Florian Bachelier, premier questeur de l’Assemblée nationale, reste partisan d’une «autre façon de faire de la politique», impliquant le rassemblement au-delà des étiquettes et l’engagement des élus sur des objectifs précis. Il voudrait que la Bretagne, où il préconise la fusion des départements avec la région, serve d’exemple en la matière.

Florian Bachelier a été reconduit dans ses fonctions de premier questeurs de l’Assemblée nationale à la fin du mois de septembre. Député La République en marche de Rennes (Ille-et-Vilaine), il gère le budget de l’Assemblée, ses investissements et dépenses de personnel depuis le début de la nouvelle législature.
À ce titre, il défend l’augmentation de la dotation d’hébergement des députés qui résident hors de l’Ile-de-France. Acceptée par le bureau de l’Assemblée le 15 octobre, elle passera de 900 € à 1 200 € par mois à compter du mois de novembre. Entretien.

Vous avez annoncé, il y a quelques jours, une nouvelle mesure d’économies sur le budget de l’Assemblée nationale qui a fait polémique. Estimez-vous avoir fait une erreur ?
La grande erreur, ce serait de trahir et de se résigner face aux manœuvres des conservateurs. Cette mesure a vocation à financer des hébergements parisiens moins chers pour les députés de province. En réalité, il s’agit du renforcement d’une mesure d’économies et qui doit permettre, à terme, de supprimer l’intégralité du budget hôtellerie de l’Assemblée nationale. Cela s’inscrit dans le plan d’économies général qui a permis depuis le début de notre mandat d’économiser 52 millions d’euros d’argent public. Pas 1 € de plus n’a été et ne sera demandé aux citoyens français pour une Assemblée nationale qui fonctionne à un coût annuel de 28 € par foyer fiscal. La rationalisation de la dépense publique, c’est avant tout un devoir d’exemplarité.

La majorité semble déstabilisée sur la question de la laïcité. Il n’y a pas de ligne directrice sur ce sujet ?
La ligne directrice est claire. Elle a été donnée par le Président de la République dès la campagne électorale et a été rappelée à maintes reprises depuis, même si certains ne veulent pas la voir. À plusieurs reprises, le chef de l’État s’est ainsi référé à Aristide Briand qui, rapporteur de la loi de 1905, définit la laïcité comme un principe « de liberté » pourvu qu’il se décline « dans le respect de l’ordre public ». Tout est dit. La laïcité est un principe qui garantit l’unité de notre Nation, qui la cimente. En France, s’entremêlent les sangs et les consciences des non-croyants, des agnostiques, des athées, des apostats, des croyants, des convertis. Tous les Français sont divers. Pourtant, ils partagent avec la même intensité, une idée, une appartenance, une volonté, celle de la nation France. La laïcité, c’est ce cadre de liberté et de neutralité. Et pour moi, c’est une double exigence, comme deux faces d’une même carte. Celle de veiller à ne pas exclure son frère quand il est différent. Celle d’être intransigeant quand il dérive. Ni naïveté ni simplisme ne sont permis sur ce sujet.

Qu’attendez-vous des prochaines municipales ?
Que nous ayons un maximum d’élus en capacité d’appliquer la méthode que nous déployons sur le territoire depuis deux ans. Nous voulons sortir des systèmes locaux, des baronnies et des discours partisans pour développer des projets au service de l’intérêt général. Nous sommes prêts à le faire avec des élus locaux qui partagent cette envie d’action collective. Nous voulons déprofessionnaliser les politiciens et professionnaliser l’action publique. Poursuivre le renouvellement des visages, des façons de faire et de rendre des comptes. On gagnera tous du temps en composant des équipes capables de dépasser les anciens clivages politiques. C’est ce qui se fait naturellement en Bretagne où les retours sont très encourageants.

C’est-à-dire ?
Emmanuel Macron veut faire pour la France ce que Jean-Yves Le Drian a réussi pour la Bretagne : composer une équipe transpartisane, qui va dans le même sens, dans l’intérêt de tous. On attend beaucoup de La République en marche en Bretagne parce qu’elle y est la force politique de loin la plus imposante, avec 24 députés élus sur 27 en 2017. Notre cas sera regardé attentivement, parce que si on n’y arrive pas ici, ce sera compliqué pour le reste du pays.

Êtes-vous favorable à une nouvelle grande loi de décentralisation ?
On parle beaucoup de décentralisation, mais il faut arrêter d’attendre que tout vienne de la loi. On peut d’ores et déjà agir. Là aussi, s’il y a une région qui peut montrer la voie, c’est bien la Bretagne, et ce sera un des enjeux importants des élections locales à venir. Nous avons besoin de clarifier les responsabilités, les compétences et les périmètres d’intervention de chacun. Quand tout le monde est responsable de tout, personne n’est plus responsable de rien. Je suis partisan d’un copilotage sur tous les thèmes, avec des élus qui rendent des comptes sur des objectifs précis. Et pour une fusion des départements et des régions, avec la mise en place d’une assemblée de Bretagne, à raison d’un élu par canton. Cela nous ferait 100 élus, 131 si on le fait avec la Loire-Atlantique.

C’est une idée partagée par la majorité présidentielle ?
Je n’ai pas l’impression que ce soit la direction prise, mais la volonté de clarifier les choses exprimées par le gouvernement me convient tout à fait.