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OUEST FRANCE [Interview] La transformation de l’Assemblée se poursuit

Florian Bachelier, député d’Ille-et-Vilaine, évoque la transformation de l’Assemblée. En vue : la réduction d’un tiers du nombre de députés.

Florian Bachelier, Premier questeur de l’Assemblée nationale, député d’Ille-et-Vilaine.

Que dit le rapport sur le statut de la fonction publique parlementaire présenté mercredi dernier ? Quelles sont ses préconisations ?

Ce rapport, établi par les secrétaires généraux de l’assemblée et de la questure, dresse un diagnostic sur la situation de la fonction publique parlementaire. Il dessine une cinquantaine de pistes d’amélioration. L’Assemblée nationale ne doit pas être un îlot autarcique dans un monde qui a changé. Les principes fondateurs du statut ont été définis il y a plus de trente ans.

Les attentes et les besoins des députés se sont modifiés. Sur cette base de travail, nous affinerons avec le président De Rugy et les deux autres questeurs, une série de préconisations, une méthode et un calendrier dans les semaines à venir. En 2017, les charges de personnel représentaient quelque 175 millions d’euros, sur un budget total de plus de 550 millions.

Vous poursuivez la transformation de l’Assemblée ?

Oui. Nous allons poursuivre notre plan : gestion budgétaire, organisation de ses ressources humaines, prise en compte des nouvelles formes d’organisation, accélération des mutations technologiques, renforcement des moyens des équipes parlementaires et anticipation de la réduction d’un tiers du nombre de députés. Nous bougeons les lignes. Cela provoque nécessairement des réactions. Cela me conforte dans l’idée que nous visons juste.

Nous avons une détermination collective à opérer les changements qui s’imposent, pour faire en sorte que l’assemblée nationale soit plus représentative, plus économe d’argent public, plus exemplaire, et au final, plus crédible et beaucoup plus efficace. Le Parlement ne doit pas être un syndic de copropriété.

Pour se réformer, l’Assemblée nationale va-t-elle devoir puiser dans ses réserves 20 millions d’euros ?

Cette information est inexacte. Il n’est pas sérieux d’indiquer cela, dans la mesure où nous sommes en plein milieu d’exercice et que, par définition, les financements des investissements que nous arbitrons et des économies que nous réalisons ne peuvent s’appréhender aussi simplement.

Je rappelle d’ailleurs que l’Assemblée nationale dispose de 220 millions d’euros de réserve, contre 1,4 milliard d’euros pour le Sénat. Là est la vraie question.

Les frais de logement des députés vont-ils augmenter ?

Non. Nous avons ouvert, il y a quelques mois, la possibilité pour les députés de loger (en moyenne quatre nuits par semaine sous cette mandature et non plus deux nuits par semaine) dans des studios plutôt qu’à l’hôtel ou en résidences hôtelières.

La prise en charge d’un forfait de 900 € est une économie au regard du coût mensuel de l’hôtellerie à 3 200 €. C’est l’un des nombreux dispositifs que nous avons mis en place pour économiser l’argent public. Je rappelle que nous avons une dette de 2 200 milliards d’euros.

Je concède néanmoins que le bureau de l’assemblée n’a pas suivi une préconisation du collège des questeurs relative à un investissement immobilier. Je signale également que les crédits pour les collaborateurs des députés ont augmenté.

La rationalisation de la dépense publique a permis de reventiler 10 millions d’euros sur le renforcement des équipes de collaborateurs parlementaires, notamment en circonscriptions. En synthèse, permettre aux députés d’embaucher des équipes plus fortes et donc au final de rendre l’Assemblée nationale plus efficace. Nous faisons ce que nous avons dit.