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OUEST FRANCE [Tribune] – Justice sociale et solidarité, il faut reconquérir la promesse républicaine

Florian Bachelier, député La République en marche (LREM) d’Ille-et-Vilaine et premier questeur de l’Assemblée nationale, revient sur la promesse républicaine deux jours après le discours d’Emmanuel Macron au Congrès de la Mutualité française.

Justice sociale, solidarité et dignité sont les trois éléments fondamentaux de la promesse républicaine que nous devons immédiatement et de toutes nos forces cesser de décevoir.

Nos politiques publiques se sont perdues au cours des dernières décennies et le pacte social, fondé sur l’esprit de 1945, s’est compromis dans l’absence de volonté de dresser les constats qui s’imposaient dans une France qui avait grandement changé. Nous avons collectivement cédé aux facilités incantatoires et budgétaires plutôt que de regarder le monde tel qu’il était, d’en mesurer les épaisseurs et les failles grandissantes, jusqu’à en oublier le cap initial, celui qui nous oblige à prendre soin et à accompagner nos plus vulnérables.

Quel responsable public oserait dire aujourd’hui qu’un système social qui assigne neuf millions d’entre nous à la pauvreté, qui n’offre aucun espoir à quatre millions de nos enfants marqués par les inégalités de destins, qui exclut en vérité des millions de nos concitoyens de l’accès aux soins et qui considère si mal nos plus âgés, est un système qui fonctionne ?

Ne voyons-nous pas collectivement ce que nous avons produit à refuser de regarder le mal à sa racine et à ne pas concentrer les moyens de la puissance publique sur les plus fragiles d’entre nous ?

N’est-il pas essentiel et urgent de transformer en profondeur, de repenser totalement et sans tabou une organisation à bout de souffle, qui ne parvient plus à poursuivre son objectif fondamental ?

Le président de la République, Emmanuel Macron, a été élu sur la base d’un engagement central, celui de l’émancipation réelle. Ce combat est le fil directeur de toutes les transformations que notre majorité porte. Il se décline dans toutes les politiques publiques que nous menons : l’accès réel à l’emploi, notamment des plus jeunes et des moins qualifiés, la formation tout au long de la vie, la place essentielle de l’école au cœur de notre dispositif républicain ou encore la cohésion territoriale.

Un reste à charge à 0 €

L’intervention du président de la République au Congrès de la mutualité française, mercredi dernier, a été l’occasion de rappeler ce cap poursuivi sur trois des défis de l’État providence du XXIe siècle : la santé, le vieillissement et l’exclusion. Déclinés au travers de deux axes de reconquête sociale, la prévention et la responsabilisation de tous les acteurs, notre objectif est clair et assumé. Ce que nous souhaitons, c’est sortir d’une logique de guichet, abandonner le réflexe de l’aide inefficace, trop complexe pour ceux qui en ont réellement besoin et qui ne sert qu’à donner bonne conscience à celui qui la distribue.

Le reste à charge zéro, un nouvel engagement de campagne tenu, illustre ce changement de paradigme. Le reste à charge ne sera ainsi plus de 200 € mais de 0 € pour les prothèses dentaires, plus de 65 € mais de 0 € pour les lunettes et plus de 1 700 € mais de 0 € pour les prothèses auditives.

Nous ne laisserons jamais ni les cyniques ni les conservateurs de tous bords nous convaincre que nous devons apporter, à ces trois enjeux de civilisation que sont la santé, le vieillissement et l’exclusion, les solutions inefficaces du passé.

Nous devons assumer un discours de vérité et de responsabilité pour accompagner efficacement celles et ceux que nous avons depuis trop longtemps abandonnés. Il en va au fond de la promesse républicaine qui nous tient.